20 juillet 2009
Plongeon

Parfois...je me dis que je ne sais pas ce que je veux...
En ce moment, je calcule, je chiffre. Si ça marchait maintenant, il naîtrait en mai.
Mon concours est en mai.
Alors peut être qu'il faut essayer en septembre, pour qu'il naisse en juin.
Mais alors en mai, pour mon concours j'aurai peut être une bide énorme.
Va faire ta dissert enceinte de 8 mois.
Alors pour bien faire il faudrait essayer en décembre, pour que je sois enceinte de 5 mois pour le concours.
Toujours en imaginant que ça marche tout de suite. L'homme pense qu'il a des têtards de compet'.
Ou alors on balaie tout ça et on s'en fout ? Et on verra bien ? Et si j'ai pas mon concours tant pis ?
L'Homme est d'accord avec moi, quoi que je décide il me suivra. C'est con, maintenant qu'il enlève toutes les barrières, je me sens encore plus engluée qu'avant. Tout repose sur moi et je ne suis sûre de rien.
Et lorsque je prends l'option A, la B se rappelle à moi et me susurre "pourras tu assumer ce choix, sans regret, et jusqu'au bout ?"
Je pense que je vais les départager à pile ou face, ou aux tarots égyptiens.
J'ai l'impression de ne pas savoir ce que je veux, je jongle entre deux choses cruciales pour ma vie, notre vie.
16 juillet 2009
Résultats
Quand la laborantine vous tend votre enveloppe de résultats en vous disant "bon courage", on ne peut pas dire qu'on parte avec une confiance folle.
Surtout quand il y a à l'intérieur un dépistage HIV et hépatite C.
Surtout quand depuis 2 jours 'on' commence à se dire qu'on a certainement une de ces 2 maladies graves, alors qu'on n'a jamais eu de conduite à risque.
Surtout quand on a rêvé d'un fou armé d'un cathéter contaminé, et qu'on doit le fuir si on ne veut pas mourir dans d'atroces souffrances.
Enfin bref. Me voilà, tremblotante, mon enveloppe à la main, en train de tourner nerveusement les pages, sans vraiment lire, mais en chouinant "hhaaa j'y comprends rien à leurs conneriiiiiiiiiiiiiiiies".
La version courte c'est : TOUT est nickel !
Pas de HIV, pas d'hépatite, je suis immunisée toxoplasmose et rubéole. Je n'ai pas de chlamydia, ni de mycoplasme.
Du côté du couple, ça va mieux. On a parlé, parlé, parlé.
On a trinqué à mes résultats.
On aurait pu essayer hier, mais il a dit une bêtise et je me suis mise à pleurer.
J'attendais tellement ces résultats pour me dire qu'on pouvait essayer...
Et j'avais eu une journée stressante avec ces résultats...
Donc voilà, premier essai tombé à l'eau.
Je m'arme de patience, j'ai envie de le rassurer, je pense qu'il a encore un peu peur.
Par contre, je recommence à faire des cauchemars, et j'en ai ras le bol de monter dans un ascenseur, d'aller jusqu'au 9eme étage, et qu'il se détache et tombe dans le vide jusqu'au sol du rez de chaussée.
Quelqu'un a un ami psychiatre qui saurait interpréter ça ? :)
10 juillet 2009
Done

J'ai survécu à l'hémorragie en tubes.
8 tubes.
1 pansement à chaque bras.
Résultats mercredi.
Pour ce faire, je me suis levée tôt, j'ai pris mon petit bus et mon mp3.
L'Homme est venu me chercher pendant sa pause de midi.
Il m'a acheté une banane, un pain au raisins, un oasis tropical.
Au cas où je ferais un malaise en sortant du labo.
Il a survécu à la discussion musclée d'hier.
C'est grâce à vos commentaires que je lui parle toujours.
Comme j'ai l'air forte, il pense que j'encaisse sans broncher.
Comme il a beaucoup ralenti ce projet bébé, il se sent encore morveux.
Il se flagelle, encore, alors qu'il semblait prêt.
Il ne sait pas tourner la page et passer à autre chose.
Alors il essaie d'assurer l'essentiel.
L'argent et le siège auto.
Il pense que je suis le moteur, pour toujours.
Alors il reste là, en suiveur, morne.
Il a peur, mais sa peur est gérable, dit il.
La peur de l'inconnu, somme toute.
Alors pourquoi ne pas plonger dans l'inconnu ?
Silence.
09 juillet 2009
C'était trop simple...
Ca m'aurait étonné aussi, qu'il n'y ait pas de problèmes.
Hier soir, alors que je demandais à l'Homme du réconfort, des encouragements, une vraie complicité, et un soutien, il a balayé tout ça en me reparlant d'argent.
Et en sous entendant que pour lui, ça allait pas le faire (en oubliant soigneusement toutes mes économies et mes projets de travail cette année).
Je me suis couchée en pleurant.
Et puis, ce matin, comme tous les matins j'avais préparé son réveil à 03h45 (il ne se lève qu'avec la sonnerie de mon portable).
Hében il ne m'a pas réveillée pour que je remettre un réveil plus tard, pour aller au labo. Il est parti comme ça.
Pas d'analyses pour aujourd'hui.
Mais beaucoup de larmes.
Je me sens à bout de nerfs.
07 juillet 2009
Lancer de têtard.
Jeudi, mon popotin et moi allons nous diriger vers un laboratoire d'analyses, qui confirmera que je n'ai ni HIV, ni hépatite, ni chlamydia, ni cholestérol, ni diabète.
Et que je suis immunisée contre la toxo et la rubéole (prions pour ça).
L'Homme a survécu à l'aspiration de 5 tubes de son sang la semaine dernière, donc je devrai survivre aussi.
Vendredi nous aurons les résultats.
Et il est très probable que vendredi soir nous procèderons aux premiers tests de lancer de têtard en eaux troubles.

Lalala...
(oui oui je sais c'est une tortue)
22 juin 2009
Box Contest
Pour l'Insolente Lili, je vous présente ma boîte.
Ce n'est pas la seule, je suis une femme de boîtes, j'aime ça, je me retiens d'en acheter le plus souvent.
Ce n'est, donc, pas la seule, mais c'est celle que j'aime le plus :
La boite des souvenirs à venir.
La time capsule à rebours.

La boîte secrète qui renferme des objets, vêtements, pour un enfant pas encore né, pas encore conçu.
Je prépare sa venue comme celle d'un vieil ami, qui vit depuis des années dans mon esprit, et dont j'attends la visite impatiemment.
Je suis prête, j'attends que la sonnerie retentisse, pour courir vers la porte, le découvrir et le prendre dans mes bras, l'installer dans la douceur de notre foyer, l'entourer de musiques et de parfums.
"Sortez vous les doigts du cul si vous voulez pas que j'm'y mette"
Toujours pas d'essais bébé.
Je dois avouer que je vais moyennement bien.
Et je crois qu'il y a grand besoin de réparer mon couple.
Et de me réparer moi.
Mais je n'ai pas de mode d'emploi.
Ma seule envie, partir une semaine quelque part.
Toute seule, au bord de l'océan sauvage, sans personne autour.
Sinon:
ma mère fait le régime.
Et subitement, plus de plats en sauce, plus de gras.
Quand il s'agit d'elle, on respecte, nous, on n'amène pas de gâteau pour la fête des pères.
Quand il s'agissait de moi, elle ne respectait aucun de mes interdits, et j'étais obligée de manger ce qu'elle servait, sinon je ne mangeais rien.
Vertigineux abime du manque de respect.
Quand la situation s'inverse, bizarrement, on voit la réalité crue.
Depuis qu'on lui a dit qu'on jouait au loto, bizarrement, elle joue toutes les semaines.
Et elle dit gagner à chaque fois. Avec les mêmes numéros. Elle le dit fièrement.
Bizarrement, chaque semaine, elle gagne 20 euros ou quelque chose d'approchant.
Bref.
Récemment elle a montré un visage très inquiétant.
Pendant un concert, le mari d'une des clientes de mon père, de la même région que lui, l'a pris dans ses bras chaleureusement, en lui faisant la bise.
Et en lui disant qu'il devait rentrer dans leur région d'origine, emporté par l'enthousiasme du concert.
Ma mère en a déduit :
(accrochez vous)
Que mon père avait une double vie, avec cet homme.
Que l'homme en question avait délibérément ignoré ma mère, et qu'il souhaitait à tout prix l'évincer.
Et elle lui a fait la gueule pendant 10 jours.
Franchement, je me sens de plus en plus désemparée face à son comportement.
Je crois que l'option, exil à l'océan s'impose. Finalement.
La phrase du titre est tirée d'un reportage sur les parachutistes, rediffusé hier :
Un sergent sermonnait ses jeunes recrues en leur disant "Sortez vous les doigts du cul si vous voulez pas que j'm'y mette" (classe ;))
17 avril 2009
Finger Crossed

Pour ceux que ça intéresserait, éventuellement.
J'ai arrêté la pilule la semaine dernière.
Sur le front des migraines (oui je suis irrésistible, je sais), seulement 2 jours de maux de tête.
Quelques sensations d'otite.
Et puis plus rien depuis.
Croisons les doigts.
Bon, ma peau est un peu plus sèche, j'ai des cernes plus prononcées, et j'ai été très fatiguée par mes ragnagnas. Depuis je mange du foie à chaque repas.
Pas d'essai bébé avant juin. Histoire que mon corps se remette un peu à fonctionner sans pilule.
A part ça, j'ai trouvé une sacré motivation, et je vais de ce pas m'inscrire à une formation CNED pour préparer un concours qui semble me convenir parfaitement.
Ma mère a décidé de me la payer, et j'ai accepté, en me forçant un peu.
J'ai un peu réfléchi, et je me suis dit qu'elle l'avait proposé d'elle même, et que je ne devais pas me sentir spécialement redevable, puisque c'était sa décision.
En plus ma rigidité me dessert un peu, depuis le temps je n'ai toujours pas passé le permis, juste parce qu'elle voulait me le payer, et que je ne voulais pas lui devoir quoi que ce soit.
Finalement, je ne dois rien à personne, mais je n'ai toujours pas le permis.
Et puis la formation ne coute pas spécialement cher, mais du coup, l'argent que je comptais utiliser pour ça, je vais l'affecter au paiement de ma mutuelle.
Si je parviens à réussir ce concours, il faudra ensuite que je passe 4 ans à étudier des sujets qui me passionnent.
Je suis en train de me rendre compte que cette carrière est littéralement faite pour moi, ou plutôt que j'ai été faite pour cette carrière.
Chaque expérience, chaque passion, chaque événement de mes études, chaque choix que j'ai fait semble s'additionner l'un l'autre pour finalement trouver son sens dans ces études là.
Il faut maintenant travailler, dur, pour réussir en septembre 2010.
Le taux est de 30 pour 1000.
Mais je suis hyper motivée.
13 février 2009
La phrase
La phrase que jamais je n'aurais cru entendre de la bouche de mon homme.
"Ha oui les lapins douceur, ils ont des gros nez".
(on regardait un site de peluches pour bébés).
04 février 2009
Parfois.
Parfois j'ai l'impression, le sentiment, que je n'aurai jamais d'enfant.
Parfois je me dis que oui je dis ça mais je n'y crois pas vraiment.
Et il y a des jours où j'y crois vraiment. Des jours où je me dis que je sens au fond de moi que jamais je ne connaîtrai la grossesse, l'accouchement, les bulles dans le ventre, l'allaitement.
Parfois je me dis que mon corps n'est finalement pas fait pour ça, qu'il n'a jamais fait ça, pourquoi cela changerait ?
Et puis j'ai peur des douleurs, des maladies, des bobos, des coups de ciseaux, des sondes et des engorgements.
J'ai peur aussi de ne pas avoir de chance, d'avoir LE truc qui n'arrive qu'une fois sur un million.
J'ai peur de moi, peur de ne pas avoir assez de patience si j'avais un enfant.
Peur de m'emporter facilement, d'avoir envie de foutre le camp, d'abandonner tout sur un coup de tête.
Et puis j'ai peur de mourir, j'y pense souvent, en donnant naissance à mon enfant.
Alors bien sûr beaucoup est 'explicable' par mon histoire.
Ma mère est partie au Mexique, en nous laissant mon père et moi, quand j'avais 2 ans.
Elle était épuisée, malade, elle est entrée dans une agence de voyage.
Et comme dans les films.
Elle a dit "j'ai tant d'argent, je peux aller où ?"
Et ce fut le Mexique. Pendant plusieurs mois.
Et moi et mon père sommes restés tous les deux.
Ma mère a vécu un accouchement que je qualifierais d'abominable.
Et en gros elle a failli mourir et moi aussi. Une chute de calcium, le corps paralysé en plein accouchement.
Et personne pour lui expliquer, ni la rassurer.
Une épisiotomie pour la crevette que j'étais. L'obstétricien s'en est même excusé le lendemain.
Je faisais un truc du genre 2kg600.
Je n'ai pas été allaitée, il paraît que c'est moi qui refusais de téter. Je sens la haine dans ce reproche.
Je crois surtout qu'elle n'a pas été aidée, et que forcément rien ne pouvait fonctionner.
Alors sûrement, quand je doute de moi, de mes choix, je n'y pense pas à tout ça.
Je vois juste que j'arrête de surfer sur les sites de petites fringues.
Que j'arrête d'en parler, de chercher des prénoms.
Que je ne vois que les côtés négatifs, que je me dis que finalement l'égoïsme d'une vie de couple serait plus confortable. Et financièrement très simple.
Je me dis que jamais je n'entendrai de vilaines choses de la bouche d'un ado boutonneux, qui se percera le nez. Que jamais je n'aurai besoin de m'inquiéter de ses fréquentations, de son haleine, de ses études.
Et ça me soulagerait presque d'échapper à ça.
Dans ces moments là je me dis qu'en fait quand je dis que je veux un bébé, c'est bien ça, un bébé, pas un ado, pas un "jeune" qui dansera la tektonik les cheveux pleins de gel.
Et je me sens tellement idiote d'avoir des revirements pareils, alors que l'Homme a l'air finalement décidé.
Et puis je me demande si c'est bien lui que j'aime, si c'est lui que je veux à mes côtés.
Alors je me souviens de ma chute, de ma double entorse. Et de moi le cul dans l'eau en train de pleurer.
Et de lui totalement figé, ne sachant que faire. Me laissant dans l'eau.
Il aura fallu que mon père et mon presque grand frère (l'un à 200 m de là, l'autre un étage au dessus de moi) arrivent pour me relever, et commencer à me soigner.
Et lui tout ce temps, il était resté tout paralysé, ne sachant que faire.
Je revois sa mauvaise humeur ensuite, sûrement en colère contre lui même (c'est mon analyse), me disant qu'il en voulait à ma famille de ne pas lui avoir laissé de place. Qu'il en voulait à mes parents de m'avoir proposé de rester chez eux.
La première phrase qu'il a prononcée après ma chute, une fois qu'on a été seuls a été "hében c'est pas encore aujourd'hui qu'on va rentrer chez nous".
Alors peut être j'avais une image de chevalier, une image de prince charmant qui prendrait tout en main, capable de savoir me relever et me rassurer. Au lieu de ça j'ai cru voir un petit garçon effrayé. Et j'ai été déçue.
(Pour sa défense, lui dit qu'il n'a pas bougé pour me relever, de peur d'aggraver ma blessure.)
Mais depuis je doute, et même si je sais qu'il est doux, gentil, respectueux, merveilleux, je ne peux pas m'empêcher de penser à quelques événements semblables. Qui m'ont donné de lui une image déchirée du prince charmant.
(je ne sais pas si je pourrais en raconter d'autres, je me bagarre souvent pour qu'ils n'envahissent pas
mon cerveau, mes yeux et mes nerfs en même temps, parfois j'y arrive bien).
Qui collent à mon crâne.
Et qui m'empêchent de me jeter au fond de ses yeux.
Tout cela est très décousu, mais ça représente bien mon état d'esprit actuel.
Et j'ai besoin de vacances, de partir toute seule quelque part, j'ai besoin de solitude.
Parfois je regrette mon 12m² de Paris, mon cocon à moi.
Avec mon étagère en bois, mon frigo minuscule.
