28 octobre 2009
Nouvelles
- Ma mère n'a pas de cancer du sein, ni même une tumeur, rien. Ouf.
- L'Homme a réparé les lumières de la cuisine et de la salle de bain. Je peux à nouveau me doucher en pleine lumière. Merci mon chevalier de l'électricité.
- Ce faisant il a disjoncté le compteur. La livebox n'a pas aimé. Comme elle boudait, elle ne voulait plus clignoter. Et pas question de nous connecter à Internet, la gueuse.
- J'ai fait une cure de Prince de Lu et de muesli.
- Grâce à mon chevalier qui a remplacé le transfo, j'ai récupéré Internet, ma livebox est ressuscitée.
- Mon petit chat n°2 n'aime pas les clémentines. Par contre il est en transe devant une olive, un brocolis, ou du lait de coco.
- Comme il est tout noir, parfois, quand il ferme les yeux on se demande si il est de dos.
- Je bois mon rooibos sans sucre. Désormais je n'aime que le Tetley qui a un petit gout de poire.
- Hier à la CPAM, j'ai utilisé le guichet "personnes prioritaires". Ben quoi, je suis enceinte. Oui bon de 2 mois, d'accord.
- Après ma dernière échographie, je suis revenue chez moi en coup de vent, et je suis ressortie. Et là, dans la cour de MON immeuble, je tombe nez à nez avec un moine bouddhiste, en robe. J'en suis restée bouche bée. Il s'est gentiment incliné. Je suis sûre que c'est un signe. Et ceux qui connaissent mon amour pour le bouddhisme et le Tibet en seront sûrs aussi.
- Hier matin, alors que je partais pour la CPAM, devant l'Holiday Inn, j'ai croisé tout une équipe de jeunes gens en sueur. C'étaient des All Blacks. Junior sûrement. Mais quand même des All Blacks. A Toulouse.
Je suis sûre que c'est un signe. Je vous rappelle que le vrai Byron est neo zélandais.
- L'Homme a écrit une carte d'anniversaire à son neuveu. Il a même dessiné une fusée. Et ravi il m'a dit "je vais faire une planète avec un petit martien dessus".
J'ai les photos.
Oui je vous montrerai.
- Je ne me sens toujours pas enceinte. J'ai encore beaucoup de mal à réaliser.
- En plus lors de la visite chez la sage femme, le doppler est resté muet.
- Il semblerait que ce soit possible, qu'il nous tourne le dos à ce moment précis.
J'avais la gorge serrée.
Mais je n'ai pas pleuré.
- Et puis la sage femme a jugé bon de prendre ma tension à ce moment précis. Elle m'a trouvé 14.
23 octobre 2009
Quand même !
Parfois on ne voit plus certaines personnes.
On sait pourquoi mais le temps passant, les bonnes nouvelles arrivant, on se dit "tiens ce serait chouette de partager ça avec elle". Après tout ce qu'on a partagé dans nos "jeunes" années.
Des fous rires, des gâteaux mal démoulés, des cendriers pleins, des nems devant des films inavouables.
Et on oublie pourquoi on ne les voyait plus.
Ma faiblesse m'a fait croiser le chemin de l'une d'elles.
Au détour d'une phrase elle m'a dit, alors que l'on parlait de ma grossesse :
"Mais tu vas quand même faire une amniosynthèse ?!?! Hein, rassure moi !!"
J'ai manqué m'étouffer.
Et je me suis souvenu que c'était elle qui m'avait dit "ya de la veine que pour la crapule" alors que je lui parlais de l'Homme, en lui disant à quel point il était merveilleux.
16 octobre 2009
C'est officiel
C'est officiel j'ai un Q.I de poule morte.
Déjà quand l'autre jour je me pointe à un rendez vous très officiel, avec ma convocation.
Joviale, je chantonne "j'ai rendez vouuuus !!". Le monsieur cherche mon interlocuteur, ne le trouve pas, revient perplexe, regarde mon papier, s'illumine, ricane, et me montre la date.
Le rendez vous était la veille.
Super.
C'te honte.
Ca ne m'arrive jamais des trucs comme ça.
Je suis du genre pénible, qui note tout.
Et là visiblement, j'ai loupé un truc.
Ce matin, je crie sur l'Homme pour qu'il se lève.
J'ai besoin de dormir j'ai un cours ce matin, que je lui dis.
Alors lève toi, sinon je ne peux pas dormir tranquille, en me disant qu'il n'y a plus de réveil, et que tu va rater un jour de boulot (et te faire virer et ruiner notre viiiiiiiiiiie).
Je me prépare, m'habille, mets enfin des chaussures fermées.
J'arrive au centre de formation, et on me regarde interloqué.
Ha tu avais cours ce matin ? Mince on n'a aucune salle de libre, je ne le savais pas. Qu'on me dit.
Et là, je vérifie dans mon agenda avec des papillons dessus.
Le cours était bien noté à ce matin, dans la case du vendredi.
Mélissa 09h-11h, et dessous, presque illisible je lis entre parenthèse : (samedi).
Alors voilà, je vous informe, mes neurones sont tous en grève (ou partis en exil au Nicaragua).
Peut-on objectivement mettre ça sur le compte de Byron 2 cm au garrot, avec un cœur qui pète le feu à 176 battements par minute ?
Je crains que non.
Mais j'aimerais bien.
09 octobre 2009
Do you know Byron?
Depuis quelques jours, Byron est une vraie star mondiale.
Son existence est connue, de la Bretagne au Sénégal, du Québec aux Landes. Et évidemment, dans tout le Japon.
Mes parents ont appris l'existence de Byron, autour d'une tarte au citron.
Trouvant étonnant qu'il y ait une seule noix de cajou près du bord de la pâte.
Devant leurs regards intrigués, j'ai expliqué que c'était en quelque sorte une oeuvre d'art, réalisée à partir d'un modèle.
Et en faisant semblant de farfouiller dans mon sac, je leur ai tendu notre échographie.
Mon père enlève ses lunettes, ma mère regarde le petit papier, semble incrédule.
Tend la chose à mon père, se retourne vers moi. En me disant "c'est vrai ? vous allez avoir un bébé ?".
Mon père reste impassible.
Ma mère m'embrasse, puis en se levant pour embrasser l'Homme, elle s'écrie "haaa c'était mon rêve, Snana le sait!!".
Passons.
Si je ne connaissais pas mon père, j'aurais pleuré pendant des jours, de cette absence de réaction.
Mais j'ai appris à comprendre qu'il était sûrement le plus sensible d'entre nous.
Et que se carapace est vitale.
Depuis, il s'excuse de me demander de me lever si tôt pour l'aider.
Alors que j'ai toujours eu l'habitude de l'assister dès qu'il en avait besoin.
Il me donne une chaise pour que je m'assoie pendant que je l'assiste.
Pour lui faire plaisir, je me suis assise de temps en temps.
Il ne veut plus que je prenne le bus.
Il m'achète du jus de pomme bio, puisque j'ai arrêté le thé.
Ma mère appelle Byron "la p'tite cajou".
Elle n'a pas voulu admettre qu'elle ne s'y attendait pas du tout.
Le lendemain elle m'a inventé une histoire de pulsion impérieuse d'achat d'un fauteuil, pulsion qui datait évidemment du début de ma grossesse. Un fauteuil que sa pulsion aurait placé près du lit de mes enfants.
Enfin. Je la connais. Je ne suis pas dupe. L'Homme en rit encore.
Il fallait qu'elle puisse dire que d'une façon ou d'un autre elle le savait.
Les parents de l'Homme ont été ravis. Son père répétait sans arrêt "c'est parfait, c'est une bonne nouvelle, ha c'est vraiment parfait".
La réaction qui m'a fait le plus plaisir a été celle de J., l'ami de mes parents, presque un grand frère pour moi. Je l'ai toujours connu. Après mes parents c'est la personne la plus proche qui soit.
Ma mère voulait absolument que je l'appelle. Moi je ne voulais pas, c'était important de lui dire en face, même si je devais attendre. Comme pour mes parents.
Evidemment, ma mère n'écoutant que son égoïsme, lorsqu'elle l'a eu au téléphone, au lieu de tenir sa langue, lui a dit "appelle Snana, et après tu me rappelles".
J'appelle ça forcer la main.
Bref. Je lui dis :
- "l'Homme et moi on va avoir un bébé".
- "Non! (silence) Tu es heureuse ?!".
- "Oui très!".
- "Je suis heureux aussi."
Et sa voix avait un ton particulier, que je ne lui ai presque jamais entendu.
Des vrais accents de bonheur.
Bon après j'ai expliqué à ma mère que ce n'était pas parce qu'elle ne comprenait pas qu'elle avait le droit de s'immiscer dans mes décisions. Que je lui avais dit que je voulais le faire moi même et qu'elle devait respecter mes choix.
Je sens que tout cela ne fait que commencer.
Nous n'avons pas parlé de l'Accouchement à Domicile, évidemment.
Déjà nous avons eu droit à des froncements de sourcils quand j'ai dit que j'étais suivie par des sages femmes.
C'est incroyable comme l'ignorance peut mener à des jugements à l'emporte pièce.
Je vous épargne pour le moment mes inquiétudes existentielles sur : "est ce que Byron est toujours vivant ?", "m'enfin qu'est ce qui peut bien saigner ?", "la prochaine échographie est la semaine prochaine, vais-je survivre à cette attente ?", "entendrai-je son coeur, ou une mauvaise nouvelle ?", "dois-je prendre mon après midi au cas où ?".
Je vous épargne pour le moment. En espérant que la prochaine échographie me délivre de ma peur.
Et que ce moment de ma vie devienne enfin une rivière de bonheur.
25 septembre 2009
La marge
Aujourd'hui j'ai pu voir Byron. J'ai même sa première photo.
Bon tout cela s'est fait en urgence, vu que ma sage femme était inquiète que je saigne un peu.
L'échographe (une sage femme aussi) s'est montrée très rassurante, et douce.
Elle a trouvé très "sympa" ce qu'elle voyait, et au moins on sait que Byron est au bon endroit, et qu'il a la bonne taille.
L'Homme et moi sommes engagés dans un projet d'Accouchement à Domicile.
De ce fait nous sommes suivis par un binôme de sages femmes pour le suivi global.
Et d'un autre binôme de sages femmes pour les échographies.
Et nous sommes respectés.
Aucune de ces femmes ne m'a dit que j'étais grosse.
Aucune de ces femmes n'a sourcillé lorsque j'ai dit que je ne tenais pas aux échographies vaginales.
Aucune de ces femmes ne nous a expédiés en 10 minutes.
Aucune de ces femmes n'a raillé mes inquiétudes.
Tout ce que j'ai pu exprimer a été pris en compte, et elles ont fait leur métier en respectant mes peurs, mes soucis, mes principes, mes envies.
J'ai pu voir Byron dans un vieux lit confortable, assise dans les bras de mon homme, dans une pièce ombragée, volets clos, laissant entrer la lumière douce et apaisante du jour.
A la place du gel froid, j'ai eu sur la peau une huile au parfum divin, et une petite pastille de Rescue pour calmer mes peurs.
Tous les deux, nous avons un peu le sentiment d'être en marge.
Et nous voulons y rester.
Quel bonheur de se sentir respecté.
Totalement.
Doucement.
18 septembre 2009
Vendredi 11 Septembre
Retour sur une journée particulière.
Jeudi:
Vers midi, je sens des petites bulles bloquées dans ma poitrine.
Un peu avant j'avais reçu ma commande 123 bébé, et j'avais donc en ma possession 25 tests de grossesse.
Pour fêter ça, je me dis : faisons en un.
Je vous épargne les détails de l'opération.
Puis je le pose, et l'Homme et moi, tombons nez à nez avec ça.

Moi, perplexe "on la voit la ligne quand même, non ?"
L'Homme, moins perplexe "non mais c'est juste l'emplacement de la bande qu'on voit"
On aurait dit 2 poules, les yeux rivés sur une ménagère Villeroy et Boch.
Alors on va voir à la lumière, et bon sang je vois toujours une bande!
Bref, je me jette sur mon appareil photo pour immortaliser ce que je vois avant que les 3 minutes se soient écoulées.
Jeudi après midi :
Je retrouve ma copine LMO, et je lui soumets la photo de mon test.
Elle voit quelque chose, elle aussi, clairement. Et me confirme qu'une bande, même très claire, est un signe de positivité.
Vendredi matin :
07h30, je suis devant le labo. Je sais qu'il n'ouvre qu'à 08h, mais tant pis, je suis là! Je me ballade en ville avec mon bébé qui me chuchote dans l'oreille "Tout finira bien, je te le promets, on est faits l'un pour l'autre, et je me dis que c'est rare".
Oui mon bébé a la voix de Calogero.
08h00, j'ai survécu à ma petite hémorragie en tubes.
Le laborantin m'a demandé si j'avais du retard.
Je lui dis que non, mais que j'ai fait 4 tests positifs depuis la veille (oui je suis dingue).
Il hoche la tête comme si c'était bien possible que je sois enceinte.
La journée de vendredi s'écoule tranquillement, entre mes cours et les mails encourageants de ma copine LMO.
Je ris, et pendant ce temps là je ne pense pas.
16h00 : Quelques minutes avant d'aller chercher les résultats, je me sens apaisée, calme, tranquille, comme un vieux lac.
16h30 : J'ai promis à l'Homme de l'attendre pour voir le résultat.
Malheureusement, le laborantin s'empare de mes résultats, en entreprend de m'informer tout à trac, que mon taux est un peu bas (81), me montre bien la feuille, et me dit que je dois prendre tout ça avec des pincettes.
(En fait le taux était un peu bas, car la grossesse venait tout juste de débuter, après discussion avec lui, il a admis que si mes calculs étaient bons, le taux était tout à fait normal).
Je dévale les marches de l'immeuble du labo. J'appelle l'Homme, il travaille, je lui laisse un message, je lui dis que je n'ai pas triché, et qu'apparemment on allait avoir un petit bébé.
Ma voix s'étrangle, mon regard se brouille. J'ai envie qu'il soit là.
Je pleure sous l'arche ensoleillée, en regardant mon papier.
Je remets mes lunettes noires, je marche, je ne sais pas quoi faire de moi, j'arpente les rues, un peu hébétée, mon papier à la main. J'avais plein de courses à faire, et je n'arrive plus à me rappeler la moindre chose que j'avais prévue de faire en sortant du labo.
Je retrouve finalement le chemin de chez moi, je m'effondre, je pleure sans pouvoir m'arrêter.
Mon homme arrive, des roses rouges dans les bras. Il est heureux.
On va avoir un bébé.
12 septembre 2009
Breaking News
Hier après midi.
J'ai appris.
Les yeux embués.
Que depuis 2 semaines.
Byron est là.
10 septembre 2009
Non.
Tentative de contrôle des intrusions de ma mère dans ma vie.
Ma mère : Je suis malade, le médecin m'a arrêtée jusqu'à la fin de la semaine.
Moi : Ben repose toi bien alors.
Ma mère : Je te rappellerai plus tard.
Moi : Par contre cet après midi je ne serai pas là, j'ai un rendez vous.
Ma mère : Ha bon tu as quoi comme rendez vous ?
Moi : En gros de 14h30 à 17h00 je ne serai pas joignable, donc tu me laisses un message si tu veux.
Ma mère : Tu vas voir une copine ?
Moi : Non, non.
Ma mère : Tu as des soucis de santé ??
Moi : Non!
Ma mère (dépitée) : Ah...
(En fait j'peux vous le dire, à vous, je vais chez le coiffeur).
(Vous me direz que pour ne pas avoir ce genre de réflexions je n'aurais pas du mentionner que j'avais un rendez vous).
(Et je suis assez d'accord).
(Mais je veux avoir la liberté de ne pas répondre si je veux, et ce, même si elle a une bribe d'info).
08 septembre 2009
En passant...
Une idée qui flotte dans mon air...
Si je tombais enceinte j'aurais le sentiment d'avoir réussi quelque chose.
Je serais fière et heureuse.
De quelque chose que je n'aurais pas fait, de quelque chose que la nature aura fait en secret, presque sans moi.
Tant que je ne suis pas enceinte j'ai l'impression de rater ma vie, un peu plus chaque jour.
Rater quelque chose que la nature n'a pas fait, une chose sur laquelle je n'ai presque pas de prise.
Aberrant, quand on y pense.
Pourtant, je tente de rationaliser.
Malgré tout je n'arrive pas à me détacher de ces idées de réussite et de ratage.
06 septembre 2009
Histoires d'O (trop bien mon titre)
Les parisiens à la télé, ils ont une drôle de façon de prononcer Seignosse.
Ils croient qu'il faut faire le même O que dans agneau.
Ils font pareil avec le 2ème O de hormone.
N'importe quoi.
